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17 Mar

L’école des femmes

Posted in Théâtre on 17.03.06

L'école des femmes

Cette pièce de Molière est d’une incroyable modernité pour moi. Hanté par sa phobie d’être cocu, Arnolphe a décidé d’élever sa jeune pupille, Agnès, dans la plus grande ignorance du monde et des choses de la vie. En ayant fait d’elle une sotte, il pense s’être fabriqué l’épouse idéale : à la fois soumise et fidèle ! C’est sans compter le coup de foudre réciproque d’Agnès et d’Horace, le jeune fils du vieil ami d’Arnolphe…

Coline Serreau signe ici une mise en scène audacieuse. Les costumes sont asymétriques, le décor se réduit à des tentures majestueuses. Lolita Chammah joue l’ingénue à merveille et Alexis Jacquin a la folie nécessaire pour représenter l’amoureux épris de sa belle.

Coline Serreau raconte : ” Arnolphe, c’est l’occident. Il a tout : le savoir, l’argent, le pouvoir, la technologie, il a prévu son bien-être dans les moindres détails depuis des années et en une après-midi, tout son monde s’effondre simplement parce qu’il a oublié une seule petite chose : regarder vivre les autres. Il est donc logiquement débordé par le sens de l’histoire, qui est le sens de l’intérêt du plus grand nombre, un sens non pas moral mais organique. Arnolphe subit, sans comprendre ce qui lui arrive, le tsunami dévastateur de la jeunesse en marche qui refuse l’enfermement, la sclérose et l’esclavage. Son désarroi, lui qui aime si sincèrement si complètement si tendrement celle dont il veut s’approprier le corps et l’esprit, est notre désarroi. ”

Wilfrid et moi sommes allés assister à L’école des femmes de et avec Coline Serreau au théâtre de la Madeleine. C’est un peu dur de rentrer dans la pièce au début, Coline Serreau joue un rôle masculin, celui du père et il faut se faire à la diction en vers et en rimes, mais tout cela s’efface assez vite pour laisser place à l’histoire.

Pour la petite histoire, le petit chat d’Agnès est mort. J’ai immédiatement pensé à Mélissa MARS qui nous chantait en janvier dernier un texte identique avec la même désinvolture qu’Agnès dans la pièce.

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