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11 Jun

Jean Perrin : Un grand physicien

Posted in Personnel on 11.06.07

Je suis resté 5 ans à l’Université d’Artois Jean Perrin, et ce n’est que ce mois-ci que j’ai découvert le grand scientifique de la première moitié du XXe siècle qui reçut le prix Nobel de physique en 1926.

Né à Lille en 1870, Jean Perrin entre à l’Ecole normale supérieur de PAris en 1891. Il est reçu au concours d’agrégation de physique en 1895. En 1901, alors qu’il est professeur à l’Ecole normale supérieur de Sèvres, il imagine que chaque atome est un minuscule “système solaire”, les électrons gravitant comme des planètes autour d’un noyau positif. Son approche emporte un grand succès durant une dizaine d’années et permet d’en déduire des explications simples et précises quant à l’origine et la structure des spectres optiques et X. Son modèle inspire en grande partie les débuts de la mécanique quantique. Les expériences de Perrin sur les rayons X et la conduction dans le gaz permettent d’établir que les rayons cathodiques transportent des particules chargées d’électricité négative. Aujourd’hui, les rayons cathodiques sont couramment utilisés. Ce sont eux qui illuminent nos écrans de télévision.

En 1902, dans un laboratoire canadien, deux scientifiques mettent au point la “théorie des transmutations” à l’ensemble des radioéléments et proposent une esquisse des familles radioactives. Les journaux de l’époque qualifient ces scientifiques de “nouveaux alchimistes”. Jean Perrin déclare : “L’instinct populaire n’est au fond pas si mal averti quand il attend de nous la pierre philosophale.” HG Wells s’est inspiré de la théorie de la transmutation pour son célèbre ouvrage La Guerre des mondes. Comme les artistes peintres se réunissaient à Pont-Aven, la communauté scientifique et littéraire française de l’entre-deux-guerres se retrouve chaque été à la pointe de l’Arcouest, un petit village de Bretagne situé près de Paimpol. Autour de l’historien Charles Seignobos et du physicien Jean Perrin, le village voit grandir la future génération de scientifiques : Frédéric Joliot-Curie, Francis Perrin (le fils de Jean), ou encore Pierre Auger.

Ce groupe, marqué à gauche, reproduit dans le village breton un mode de vie parisien. Replié sur lui-même, il suscite plusieurs mariages et un mode d’éducation particulier. Marie Curie, Paul Langevin et les autres enseignent à domicile les différentes disciplines à leurs enfants. Certains ne connaissent les bancs de l’école qu’à leur entrée au lycée, voire de l’université. Ils n’en deviendront pas moins de grands scientifiques comme Francis Perrin et Frédéric Joliot-Curie qui collaboreront sur des travaux de physique nucléaire.
Parallèlement à ses travaux scientifiques (il obtient le prix Nobel de physique en 1926), Jean Perrin contribue au développement de la recherche scientifique, avec la fondation du CNRS, ainsi qu’à l’initiation du grand public à la science avec la création du Palais de la Découverte en 1937. En 1936, il avait été nommé sous-secrétaire d’Etat à la recherche scientifique dans le gouvernement Léon Blum. En 1940 il est nommé directeur de l’université française de New York. Jean Perrin meurt à New York en 1942.

Source : Madeleine Leveau-Fernandez pour Le Kremlinois

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