Hier j’ai passé la nuit chez Jean-Marc et Julien. Jean-Marc a immédiatement accepté de me reçevoir quand je lui ai dit que je ne voulais pas dormir seul.Trop d’idées noires dans la tête et la peur de ne plus se sentir sûr et en sûreté ont pris le dessus sur ma volonté de tout contrôler. Le corps ne m’obéit plus, l’esprit résiste encore un peu mais je sens qu’il pourrait lâcher à tout moment sans prévenir. Avant d’arriver au stade de l’enfermement, un chaperon dans la pièce d’à côté suffit à contenir les “coups de tête”.

N’ayant pas vu de médecin depuis une dizaine d’années, j’ai demandé également le soutien de Jean-Marc pour qu’il me pistonne sur son amie docteur. Rendez-vous pris pour 14h30.

Arrivé devant la porte, le nom du docteur est écrit à la main avec des enluminures sur une feuille blanche découpée, le tout collé sur une petite porte au fond d’un couloir. La porte est entrouverte, je n’ose pas entrer, je toque. Une femme, cinquantaine d’années, blonde, assez rassurante, me propose d’attendre sur l’unique chaise du couloir (1m²) car la salle d’attente est en travaux. Elle me demande si je suis bien la personne qui vient de la part de Jean-Marc, je confirme, l’air absent, et m’assois.

La consultation passe assez vite, je vide mon sac assez facilement, sans omettre les symptômes présents (crise d’angoise, crise de panique, idées noires, peur, pleurs) et les raisons passées éventuelles (déception remontant à deux ans et demi, décès récent, surmenage, déception plus récente, harcèlement). Elle est très douce, elle me demande plusieurs fois ce que je pense du traitement, si je peux supporter un arrêt, ce que je ferais du temps, si je trouve Paris l’été déprimant. Elle opte pour un arrêt de deux semaines avec un autre rendez-vous pour prolonger si besoin. Elle estime que la médication est absolument nécessaire. Elle m’averti que le traitement dure au minimum trois mois pour l’antidépresseur à cause de l’effet de manque. Elle me dit que l’antiépileptique est sans effet secondaire et que je dois le prendre à peu près quand je veux ou plus exactement quand j’en ai besoin.

Elle remplie les différents papiers. Je lui indique que je ne suis pas habitué à ses papiers. J’ai bien une carte vitale mais elle est périmée depuis 7 ans, j’ai une carte de mutuelle mais qui ne vaut rien sans carte vitale… Et je dois renvoyer les enveloppes pour l’arrêt dans les 2 jours sans même savoir à quelle caisse je suis affilié.

22 € plus tard et une feuille pour me faire rembourser (un jour, si j’ai de la chance) je suis dans la rue. Content d’avoir 15j de répis mais la peur au ventre de perdre 15j de salaire parce que j’imagine mal la sécu retrouver mon dossier, l’enregistrer dans le bon centre, pour enfin y intégrer l’arrêt maladie dans les 48h avec un weekend.

Je rentre chez moi, je passe par le pharmacien qui m’engueulle parce que ma carte vitale est périmée, tellement périmée qu’elle ne peut pas la mettre à jour ! Elle consent quand même à me donné les médicaments en me les facturant (ben oui, j’ai pas de carte vitale valide)

13€20 pour 2 boites de 14 gélules de Fluoxétine 20mg et 1 flacon de Rivotril 2,5mg/mL

23h, je prend mes 5 gouttes d’antiépileptique pour un total de 0,5mg de Clonazépam. Elle sont censée me détendre pour dormir. A l’heure où j’écris ces lignes (minuit), l’effet n’est pas flagrant.

Pour un rétablissement dans les 15j, tapez 1
Pour une connerie de la sécu dans les 5j, tapez 2
Pour une idée noire qui prend le dessus, tapez 3