J’ai le droit à 11 gouttes de Rivotril par jour, je n’en aurait pris que 7 aujourd’hui. Enfin c’est ce que j’ai compté, c’est pas facile de compter les gouttes tomber quand on ne les voit pas tomber.

Les gouttes en journée passent inaperçues. Je les prends quand ça va mal, 2 gouttes sous la langue, on y pense pas et c’est déjà avalé. Je me concentre plus sur l’effet immédiat pour éviter la crise.

Par contre les 5 gouttes du soir, c’est tout une histoire. Déjà j’espère n’en avoir mis que 5 (et c’est pas gagné, voir plus haut). Ensuite je peux me focaliser sur les gouttes en elles même et non sur leur action, j’ai tout mon temps, je suis couché et je dois attendre 1h pour dormir.
J’ai l’impression qu’elles vivent sous ma langue, pour les cinéphiles, j’ai l’intérieur de la Pensine de Dumbledore sous la langue, ça tourne, ça fume, ça ouvre de nouveaux horizons, c’est magique.
Quand j’en ai marre, j’avale le tout, un drôle de goût, pas mauvais, une sorte de mélange entre la fraise et le parfum (oui j’ai déjà goûté du parfum) et l’anésthésie du dentiste.

Je ne compte pas resté très longtemps chez mes parents, l’ambiance est trop surexcitée, une partie (infime mais la plus vieille) des problèmes se trouve ici. Je dois m’occuper de moi et non des autres.
D’ailleurs ça me rappelle une anedocte révélatrice : en début d’année, FaceBook demandait dans une application les résolutions pour cette année 2008. Quelle était la mienne ? “Save the world”

Sans aller jusqu’à sauver le monde, comment faire pour ne pas intervenir quand ses proches vont mal ? Papa qui vient de perdre sa mère, il est maintenant orphelin. Maman qui prend conscience que la probabilité veut que ce soit son père le prochain à partir. Ma soeur qui désespère de se marier et de tomber enceinte. Heureusement la dernière soeur se trouve dans une phase de réussite flagrante, elle m’impressionne !

Ne plus penser aux autres, c’est m’enlever une partie de la raison de vivre, la plus grande partie en fait. Il faudrait que je commence à rééquilibrer, mais tout cela sans que je me perdre de vue. Je ne veux pas devenir un autre moi.

Pour les plus courageux, demain nous lirons les notices d’utilisation des médicaments.